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Peau de sable

ce n'est plus de la pluie
ce n'est plus du vent
il y a une peau entre
la pluie et le vent

avant elle
je ne pouvais rien contre tout
ce qui me poussait dans le dos

je peux rester sur l'île
je peux rester
je peux la traverser
la quitter pour la voir de loin
la voir mieux
l'entendre m'attendre
la vouloir qui me prend
toute entière
la vouloir qui me jette
sur la terre fermée
et me laisse jalouse
de ceux-là qui la traversent
ignorant qu'elle est lèvres et langue
ignorant qu'elle me rapporte
sans discontinuer
les mots qui dévalent sur elle
des contre-hauts
comme pluie poussée par un vent lent
les mots lents
désirés comme pépite dans une batée
puis rejetés à la Loire
pour que la joie vienne encore
et que la fin perde de sa superbe
reste ce qui doit rester
ce qui part et demeure
dans un même mouvement


Photo Gabrielle Segal "Nantes Novembre 2022"

L’effort de nos courses

seulement cette fois
la voix s'entend 
la voix s'étend
se laisse saisir
laisse dans la bouche qui l'accueille
le goût de l'autre à peine vue
et toute une vie passe
avec sur la langue
l'encre de sa salive
le sel de sa peau 

au devant de nous
nos ombres courent
et seulement cette fois
nos corps à l'arrière  
en repos 

Les lianes

d'où viennent-elles

elles font dans l'ombre
des percées ciselées
comme la lumière
entre feuilles des arbres
Il n'y a pas d'arbres autour
oui des souvenirs d'arbres
elles en parlent entre elles
durant leurs déplacements
elles disent se souvenir
des veines et des artères
avoir trébuché parfois sur l'une d'elles
elles disent rien n'est sombre pourtant
sous la terre
à cause de la course elles tombent
ça arrive
celles restées debout tendent la main à celles-là
qui gardent la main pour elles seules
jusqu'à la prochaine chute
de l'une ou de l'autre
au jour
à la nuit
elles disent
toujours ça arrive
toujours une main
elles ne rient pas de ça
mais elles rient
sinon comment ça tourne
elles disent

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