Be(e)

Des mains ont ce pouvoir 
De te faire venir

Je viens dis-tu
Sans l'avoir voulu

Et ces mains
Qui te savaient partie
Où vont-elles te chercher ?

Je viens tu le répètes
Sans l'avoir voulu

Tes lèvres comme pistil
Orné d'or poudreux
Ces mains comme abeilles
Qui le ravissent au lois
Pour prix de ta venue

Je viens tu le répètes encore

D'où viens-tu ?


La belle traduction en italien de ce poème est en lecture sur le site de Marcello Comitini
https://marcellocomitini.wordpress.com/2019/11/11/gabrielle-segal-bee-ita-fr/

Décompositions

Mon esprit finira végétal
De sa dernière branche
Tombera la dernière feuille

Pourquoi suis-je la destination
De toutes mes pensées ?

À l’ombre d’un doute

Souvent je vais m'asseoir
À l'ombre d'un doute
Ici les vérités fausses ou vraies
Ne passent qu'à travers quelques brèches
De lumière tamisée
Et cela me suffit
Ou bien c'est encore trop
Et je ferme les yeux
Je me sens comme un fruit
Tombé sans heurt de l'arbre
M'imagine qu'un paon-du-jour
Se pose sur ma chair
Afin que les vérités pensent
Mes yeux ouverts
Cependant que je rêve

Qui sait ?

Dans le rêve
Un arbre devient corps
Et quitte la forêt
Moi je reste arbre
Tremble
Ou saule ou pitchpin

Dans le rêve
L’arbre retournant sur ses pas
Dit d’une voix mélancolique
Qu’il perdra en redevenant arbre
Les corps n’ont pas de vent à eux

Pupille

Crédit photo CF 2019
Qu'ils ne me blessent pas plus
Ces yeux
Qui déjà à la mort
Ont cédé des arpents
Qu'ils ne s'éteignent pas
Injustement
Devant mes propres yeux
Et si lentement
Et si rapidement

Que je ne me cherche pas en eux
Qu'ils ne m'entraînent pas
Lors de leur effacement
...
Que je distingue clairement
Dans l'iris partant
Mettons
Le reflet d'une enfant
Courant sur la jetée
Pour rejoindre la mer
En place des souvenirs mutilés
Qui me suivent partout
Débris de phrases emmêlées
Que mon âme injuste
De mal aimée
Se plaît à dire
Une enfant
Jetée
Par sa mère

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