La dérobe

Un jour se lèvera
Plus contemplé qu'un autre
Par mes yeux éblouis
De lumière et de sons
Qui fixeront la route
Emprunté par l'oiseau
Autrefois par l'amour
Pour venir jusqu'à moi

Dans ce clair admirable
L'amour présagera
L'annonce de sa fin
Et déployant des ailes formées
Par mon propre tourment
S'élancera vers l'aube
Sans regrets que je fus
Objet de son voyage

L'amour venu à moi
Dans l'unique dessein
Que j'en fasse un voleur

Les averses

De toi
Ce que je vois
Ce que je ne vois pas
Je l'aime
De toi
J'invente tout
Mais je n'invente rien, hein ?
Tout est là sous mes yeux
Tout se donne à mes mains
Ou ne se donne pas
Et m'arrache le cœur
Chaque jour
Me l'arrache
Mais le cœur revient
Sans cesse il revient se nicher
À sa place de naissance
Car le cœur est oiseau
De quelle place je parle
Tu aimerais le savoir, hein ?
Qui le sait
Qui sait la source de ce cœur
Car le cœur est poisson
De toi
Ce que je vois
Je l'aime
Moins parfois
Que ce que je ne vois pas
Ce qui nage
Ce qui vole
Ce qui en a gros sur le cœur
De toi je fais distance
Entre moi et la mort
Entre moi et la nuit
La nuit qui est jour tu le sais
Pour les bienheureux
Pour les fous
Toi et moi sommes les deux
Toi et moi sommes
À la fois tout et rien
Nous trébuchons sans cesse
Nous trébuchons
Et les rires nous relèvent
Ou la souffrance
Parfois rire et souffrance
Dans un même élan
Nous remettent debout
Pour que l'envie nous prenne
De nous étendre là
De toi
Ma peau sait plus
Que n'en sait mon esprit
J'ai beau le voir écrit
Cela peut s'inverser
Le poème n'est pas roi
De toi
J'oublie toujours ce que je sais
Car les minutes sont
Je crois que les minutes sont
Vidées par les averses
Toi tu sais 
De quelles averses je parle

À mains nues

Ce sont elles que je vois
Que j'appelle
Qui ont planté dans mon cœur gelé
Des tisons chimériques
Et bravent mon sommeil
En ne dormant jamais
Ce sont elles
Ces mains
Qui ne façonnent rien
Qui laissent vivre
Qui se pensent bâties
Pour saisir le tangible
L'intangible
Et qui menaçantes
Restent là poings serrés
À la porte du temps
Ces mains
Qui désespèrent
De voir s'échapper à leur prise
Cendres et liquides
Mais cela se retient-il
Faut-il seulement retenir ce qui fuit
Car qui fuit sans raison
Ces mains
Qui lavent dans les larmes
Les blessures inévitables de leurs défaites
Se posent sur mon ventre
Quand tout a échoué
Et s'apaisent à la vue
De ce qui jamais ne sera altéré
Un corps qui s'envole

Heure devenue pierre

Si après mon départ
Je pouvais revenir
Ne serait-ce qu’une heure
Je choisirais celle qui les porte toutes
L’ultime heure de notre amour

Vitrail

Nos lèvres l’ont su
Avant nous
Qui ont parcouru
En une seconde
Le temps complet d’un amour
Et se touchant
Ont scellé dans l’or et le plomb
Le vent et la vague

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