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« — Tu pars déjà ? Un luxe de le dire. Un luxe de l’entendre. Oui, je pars déjà. Elle ne va pas lui répondre ça. Depuis quelque temps, les événements les plus anodins prennent l’allure de signes alarmants, précurseurs. Le plomb liquide descend doucement de son coeur à ses jambes. Les cuisses alourdies, les mollets, les pieds collés au sol par la densité du métal. Non, je ne pars pas. Je ne peux pas. C’est hors de ma volonté. Tout n’est pas accompli et ce qui reste à faire est un mystère. Ce qui reste à faire est toujours un mystère. On ne sait rien de ce qui nous attend. On se prépare au pire, mais il y a pire encore. On se prépare au meilleur, il y a meilleur encore. Et ce ne sont pas là les seules combinaisons possibles. »


https://www.maurice-nadeau.net/parutions/237/brooklyn-strasse

EXTRAITS DU DOSSIER DE PRESSE

France culture : un entretien avec Tewfik Hakem 

https://www.franceculture.fr/emissions/paso-doble-le-grand-entretien-de-lactualite-culturelle/gabrielle-segal-quand-je-suis-new/

Vies croisées, par Liliane Kerjan (En attendant Nadeau)

Dans son roman Brooklyn Strasse, Gabrielle Segal crée au coeur d’une bâtisse et d’un petit quartier tout un théâtre d’ombres et de voix où se mêlent souvenirs et présences, disparition et attente. Une écriture remarquable par touches fines et approches à l’affût, pour tenter de clore provisoirement des inventaires de vie. Un beau livre entêtant et profond. Gabrielle Segal, Brooklyn Strasse. Maurice Nadeau, 208 p., 18 €. Ils sont voisins à Brooklyn, dans l’immeuble de Madleen Hutikton, et clients de l’épicier Stefan Karmerr, le vieux Juif berlinois ; la maison part à vau-l’eau et les rayons de l’épicerie dégringolent. Ils se croisent, ils s’écoutent, ils se devinent ; chacun a un secret lourd à garder et à porter. Gabrielle Segal construit leurs rencontres sur une vingtaine de séquences centrées à chaque fois sur un ou deux personnages, offrant une mise au point par bribes, un feuilletage d’introspection, une concentration sur un moment. Scènes brèves, conversations confiantes mais retenues, évocation voilée de terribles traumas, dessinent la marque de ce premier roman très travaillé et réussi. Ils ont en commun leur habitat, leur classe moyenne, leur discrétion, une vie marquée par une rupture. Rupture causée par la grande histoire des barbaries, rupture amoureuse dans un bar ou sur un bref coup de fil vingt-sept ans après l’idylle, rupture du lien filial : Pete Parker disparait, laissant ses fils Chuck et Roy désarmés ; quant à Mary June Parker, elle est née d’un ventre anonyme. Dans leur flottement et leur solitude, naissent leurs paysages de mots, leur identité incertaine. Sans être minimaliste, Gabrielle Segal sait tirer parti de menus faits, d’odeurs et de légers glissements dans la perception d’un lieu familier après une courte absence. Épouse et fils délaissés, mari en fuite, orphelins, émigrés vieillissants, ils ont en commun la survie qui les hante, les liens brisés, l’avant et l’après. …/…

L’article intégral en suivant le lien : http://www.en-attendant-nadeau.fr/2017/03/28/vies-croisees/

Daily Passions 03/10/2017

En couverture une superbe photo du pont de Brooklyn. Il s’agit d’un premier roman et j’espère que son auteure trouvera le temps d’en écrire d’autre. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’est remarquablement écrit, voyons. Je pense qu’il y a deux types d’écriture. Celle qui raconte des faits et les organise pour vous tenir en haleine et vous distraire, ça vous connaissez. Ce qu’on appellera de la littérature ordinaire. Celle qui procède par image – rapprochement entre deux « choses » qui d’ordinaire ne se fait pas – et vous présente des faits à sa manière – des faits imagés. Ce que parfois vous trouvez trop poétique. Gabrielle Segal nous propose de « voir » dans un petit immeuble de Brooklyn – rappelez-vous la courte séquence de Playtime de Jacques Tati dans laquelle les fenêtres s’allument comme autant de postes de télévision. Mary-June Parker et ses deux fils d’abord, battue par Pete son mari et la disparition de ce dernier. Puis Norman Klein qui rappellera à certains un meurtrier hitchcockien et la propriétaire de l’immeuble Madleen Hutikon, et enfin Stéphan Karmeer l’épicier de la rue qui a connu Madleen jadis à Berlin sous Hitler. L’auteure leur donne des voix pour raconter et expliquer. Et bien sûr elle n’oublie pas Pete… C’est dense et prenant et peut-être y trouverez-vous, comme moi – j’espère que l’auteure ne m’en voudra pas de ce rapprochement – un petit côté Eugène Ionesco. Celui qui rend ses personnages attachants parce que semblant abandonnés dans une situation qui les dépasse et qui font face à leur manière. Je crois que ce livre doit se lire avec la lenteur nécessaire à la prise de conscience de ce qui a été lu. Il doit être assimilé. Bonne lecture.

Blog Critique Littéraire 2017

https://critiquelitteraire2017.wordpress.com/2017/04/27/le-printemps-des-ames-cliona-noone/

SARL Lettres Nouvelles Maurice Nadeau

Le site des Editions Maurice Nadeau : https://www.maurice-nadeau.net/accueil

La librairie : 3/5 rue Malebranche, 75005 Paris

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