Armée de douleur

De tout temps
La douleur de la perte
M’a accompagnée
Elle était là
Bien avant que le deuil
Ne me frappe
Aujourd'hui je sais
Cette douleur est celle
De ma propre perte
Mes yeux au fond
L’ont toujours su
Mes mains
Mon cœur
Mes mots
De tout temps
J’ai souffert
De voir la vie
Avec les yeux d’une morte
Si cela est possible
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Les dommages

Ce rêve
Celui où
Les heures reculent
Alors que tu avances
C’est tout ce que tu auras
Une promenade
Où tu emprunteras
Pour rentrer
Un autre chemin
Que celui de l’allée
Puis un autre
Et un autre encore
Jusqu’à ce que tu comprennes
Qu’il n’a jamais été question
De rentrer
Ce rêve
Celui où
À force d’égarements
Tu oublies
D’où tu viens
Et pourquoi tu es là
C’est tout ce que tu auras

Hannah Arendt. Consolation

Viennent les heures,
Là de vieilles blessures,
Depuis longtemps oubliées,
Menacent de déchirures.

Viennent les jours,
Là aucun risque
De la vie, des souffrances
Ne peut se décider.

Les heures s’enfuient,
Les jours passent,
Il en reste un fruit :
L’existence seule.



« Heureux celui qui n’a pas de patrie » Poèmes de pensée
Editions Payot