Dans ma tête

Je suis nue dans le lieu
Où m'enferme l’ennui
Nue sous une pluie
D’images déchirées
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Par ma seule présence

Sont-ils ce que j’en fais 
Sont-ils ce qu’ils étaient
Résidus mémoriels
Sentiments
Fantômes
Entremêlés
Ne ressemblant à rien
Me traversant trop vite
Pour que je m’en saisisse
Sont-ils retenus
Malgré eux
Malgré moi je le jure
Dans ma tête encombrée
Sont-ils ce qui me fait
Seraient-ils sans moi
Ailleurs
Seraient-ils autres
Seraient-ils seulement
Sont-ils moi
S’ils le sont
Est-ce cela ma vie
Une solitude hantée
Par ma seule présence

Fruit sauvage

C’est comme si tout à coup
Mon esprit se taisait
Et qu’ainsi défaite
De ma pensée de femme
Forgée dans un acier viril
Je me mette à danser
Au rythme sous-jacent
De ce silence trompeur

C’est comme si tout à coup
Mon être délivré
De ses fers domestiques
Retrouvait sa nature
Et que ma poésie soit
L’un de ces fruits sauvages

Armée de douleur

De tout temps
La douleur de la perte
M’a accompagnée
Elle était là
Bien avant que le deuil
Ne me frappe
Aujourd'hui je sais
Cette douleur est celle
De ma propre perte
Mes yeux au fond
L’ont toujours su
Mes mains
Mon cœur
Mes mots
De tout temps
J’ai souffert
De voir la vie
Avec les yeux d’une morte
Si cela est possible