Lunch Poem *1

Un arbre tordu
Une porte scellée
Une vue sur la mer dans un sac de cuir
Une tête penchée
Une avenue une corde en acier
Un homme qui court
Une corde portée autour de son cou
Se dit à lui-même
Des phrases meurtrières
Redis-le pour voir
Tu crois que ça me fait peur ?
Jamais !
Une porte autour du cou
Une avenue sous les genoux
Un homme qui court vers
Une vue sur la mer
Un homme qui porte une National
Redis-le pour voir
Redis-le pour voir
Jamais !
Une vue sur la mer
Ça peut être n’importe quoi
Un panneau publicitaire
Un poisson dans un bac à glace
Une frise dans la rigole

Une porte scellée une corde en acier
Un homme qui s’agite
Comme un arbre venté
Une avenue un taxi hélé
Emmène-moi vers
Une vue sur la mer
Aujourd’hui ou jamais
Un type qui rit
Jamais !
Un plan de la ville qui vole
Une phrase meurtrière
Redis-le pour voir
Jamais !
Le fleuve je peux te le donner
La mer jamais !
Une corde en cuir dans un sac d’acier
Un homme qui court
Sur un terre-plein central
Redis-le pour voir
La mer jamais personne
La mer
Jamais
Personne
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Composition de la douleur

I
Les armes forgées
Dans le fer de l’enfance
Frappent encore
Ici et maintenant

II
Les lèvres les yeux
Se pensent plaies parmi les plaies
Et cicatrisent illusoirement
En se scellant

III
Un jour
Un seul jour
Ce jour est une nuit
Où cela se dit
Le vieillard est un enfant
Qui ne guérit jamais

Vitrail

Nos lèvres l’ont su
Avant nous
Qui ont parcouru
En une seconde
Le temps complet d’un amour
Et se touchant
Ont scellé dans l’or et le plomb
Le vent et la vague

La source

S’il fallait revenir
Quel jour choisir
Pour faire mon entrée
Naître encore ? Non !
Revenir comme je suis
Et ne pas déranger ce que j’étais
Observer seulement observer
Ah je sais déjà que des larmes sont à craindre
Des cris à retenir
Non pas à cause de ce qui est perdu
Car tout se perd oui et non
À cause de moi me regardant
Regarder paisiblement vers l’avenir

Attraction de l’éphémère

Ce sentiment de solitude profonde
Qui nous frappe parfois
Semble nous préparer
À cette heure intime
Dans laquelle personne
Ne saurait nous suivre
Et pourtant non
Ce n’est pas ce qu’il fait
Il tente à sa manière
De nous en éloigner

Veiller le feu

Vois comme ton âme a tourné
Me disent mes étreintes
Trop souvent retenues
Qui se présentent à moi
Dépouillées
De leur troisième lettre

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