A mani nude (FR -ITA)

https://marcellocomitini.wordpress.com/2019/09/17/gabrielle-segal-a-mani-nude-fr-ita/comment-page-1/#comment-5879

Ici, la très belle traduction en italien du poème « À mains nues », par le poète et traducteur Marcello Comitini, dont les propres textes, qu’il traduit en français sur son site, sont d’une grande force et d’une grande beauté.

https://marcellocomitini.wordpress.com

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Fouilles

Une part de moi déjà
Tremble
Toutes les autres parts
À chaque nouvelle aube
Rient exagérément
Et s'agitent en tous sens
Agrippent l'air que tu expires
Et l'embrassent et l'avalent
Oh Je te le rendrai
Vif comme l'air de novembre
Le moment venu
Je te rendrai tout
Paysages et visages
Et tu ne verras rien
Tu ne me verras pas
Ton cœur battra dans ma poitrine
Ou bien est-ce le mien qui battra dans la tienne
Toute matière sera verre
Tout être sera aveugle
Cette part qui tremble
Tremblera encore plus
Et le temps fera s'effondrer
Des pans entiers de lui-même
Et tout deviendra ce qu'il doit devenir
Sauf moi
Figée dans l'ambre
De nos heures éprises

À l’ombre d’un doute

Souvent je vais m'asseoir
À l'ombre d'un doute
Ici les vérités fausses ou vraies
Ne passent qu'à travers quelques brèches
De lumière tamisée
Et cela me suffit
Ou bien c'est encore trop
Et je ferme les yeux
Je me sens comme un fruit
Tombé sans heurt de l'arbre
M'imagine qu'un paon-du-jour
Se pose sur ma chair
Afin que les vérités pensent
Mes yeux ouverts
Cependant que je rêve

À mains nues

Ce sont elles que je vois
Que j'appelle
Qui ont planté dans mon cœur gelé
Des tisons chimériques
Et bravent mon sommeil
En ne dormant jamais
Ce sont elles
Ces mains
Qui ne façonnent rien
Qui laissent vivre
Qui se pensent bâties
Pour saisir le tangible
L'intangible
Et qui menaçantes
Restent là poings serrés
À la porte du temps
Ces mains
Qui désespèrent
De voir s'échapper à leur prise
Cendres et liquides
Mais cela se retient-il
Faut-il seulement retenir ce qui fuit
Car qui fuit sans raison
Ces mains
Qui lavent dans les larmes
Les blessures inévitables de leurs défaites
Se posent sur mon ventre
Quand tout a échoué
Et s'apaisent à la vue
De ce qui jamais ne sera altéré
Un corps qui s'envole

La sangtième

Les bras chargées
D’heures antiques
Il porte un unique jour
Tous les jours
Il le porte vers sa destination
Regardant avec mépris
Le présent
Que tu portes en peinant
D’un jour à l’autre
Le regardant comme un rival
Auquel il va t’arracher


Aux femmes assassinées

Chaque jour revenant

Chaque jour
Je te dis adieu
Ma chère existence
Et mon regard se pose
Sur toutes ces beautés
Aucune que je veuille posséder
Adieu leur dis-je à toutes
Sans voir dans ce mot
Une nature plus haute
Que celle qui m’accueille
Depuis tout ce temps
Sans même y voir
L’annonce d’un départ
Mais bien d’une arrivée

Qui sait ?

Dans le rêve
Un arbre devient corps
Et quitte la forêt
Moi je reste arbre
Tremble
Ou saule ou pitchpin

Dans le rêve
L’arbre retournant sur ses pas
Dit d’une voix mélancolique
Qu’il perdra en redevenant arbre
Les corps n’ont pas de vent à eux

Endless

Quand l’amour  est certain
Dès son premier instant
Il peut bien mourir
D’ailleurs il meurt
Une fois puis une autre
Et une autre encore
Chaque fois revenant
Semblable
Et différent

Quand de guerre lasse
La nature pousse dans les ténèbres
Les corps où cet amour demeure
L’aube qui l’a vu naître
Le précède dans sa chute

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