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Cœurs, cœur.

On ne voit jamais nos propres mains dans les rêves
on voit d’autres mains
mais ce ne sont toujours que nos mains
comme celles-là qui m’ont volé l’écriture
celles-là qui m’ont coupé la langue
celles-là qui me pousseront
du pont

je me dis cela peut arriver
sans volonté ni désir
seulement de ne pas avoir supporté
la vue du rêve échoué là
dans la réalité

vite je lui ai donné un corps
je lui ai donné un lieu 
vite je l’ai détourné du bleu du ciel
vite vite vite

je me dis cela est arrivé
avec volonté avec désir


j’ai aimé
j’aimerai encore


pendant les temps de l’amour
entre les temps de l’amour
qu’ai-je fait
que n’ai-je pas fait
que ne pourrai-je jamais faire

des mains là
et ce sont mes mains
tordent le cœur du rêve
jusqu’à la lividité

mes mains
je ne les verrai jamais triompher

le rêve errant et désincarné 
cela vaut-il mieux
cela est-ce plus doux

jamais personne n’aimera  
comme celle-là qui ne sait pas aimer



Frida Kahlo, "Les deux Fridas", 1939, huile sur toile.  © Luisa Riccciarini/Leemage

4 commentaires sur “Cœurs, cœur.

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