Fin d’écriture

Tu le sais, il ne faut pas écrire dans cet état. Ni même écrire cet état. Il ne faut pas parler de ça. Qu’aucun mot ne serve à ça. Qu’aucun œil ne se pose là-dessus. Il faut attendre. Non ça ne va pas passer. Rien de ce genre ne passe. C’est de nature sédentaire. Mais toi, oui, tu vas passer. À côté, à travers. Tenter un contournement. Sans regarder. Pas besoin de regarder. Tu sais ce que c’est, ce que ça fait. Ça tord, ça pince, ça donne de petits coups, pas forts non, constants. Des petits coups constants. Comment atteindre cet état pour les faire cesser ? Il est vaste, bien trop vaste. Il n’a pas d’« autour ». 
Cet état, il y a si peu à en dire. Si peu à en dire. C’est pauvre, maigre. Ça erre à l’intérieur de ton être. Ça pousse tes organes dans le coin le moins aéré afin d’agrandir son périmètre d’anéantissement. Ça te fait suffoquer. Ça ne s’écrit pas, la suffocation. L’asphyxie. La phrase ne survit pas sans air, sans lumière. 
Il ne faut pas écrire dans cet état. Il ne faut pas écrire cet état. Tu tournes autour, mais tu l’as dit, ça n’a pas d’« autour ». Cet état, c’est le vide de chaque côté de la page. Un pied dedans, et c’est fini. C’est fini. 

5 commentaires sur “Fin d’écriture

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