La baie

Je suis une enfant
Et je nage nue dans l’océan
Atlantique
L’eau plus douce que l’air d’avril
Me fait songer au rivage avec appréhension
Et je rechigne à quitter l’onde
Pour le rejoindre
De la fumée drape ma tête
Qui est
Telle la cheminée d’une demeure
À demi ensevelie
Dont la flamme redouble dans le foyer
Tandis que je m’immerge
Durant cette seconde sans respiration
Ni vision
Une fulguration me révèle
L’inconstance des liquides
La fixité du temps
Quand je sors de l’eau
Ces vérités
S’enchevêtrent aux algues spumescentes
Et ne peuvent me suivre
Ainsi des heures futures
Me sont soustraites
Et rendues au cosmos
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